dimanche 30 septembre 2018


Hiver Indien (Bousquet – Rubini _ Marabulles)


Petit passage en coup de vent…de saison.
Comme nous quittons l’été tardif, j’ai enfin pris le temps de me plonger dans cette superbe BD au titre prometteur. Evidemment, j’en connaissais le sujet, j’avais vu quelques planches en exclusivité, mais j’ai toujours une préférence pour les livres terminés….en bois mort aplati.
Les dessins de Stéphanie Rubini sont « sensibles ». C’est le mot le plus approprié que j’ai trouvé pour les définir ; Légers, avec une force graphique importante mais pas violente ; Subtils, car on se plaît également à regarder les détails ; des couleurs légères, parfois « cassées » pour mieux faire contraste avec des pointes de couleur franches. Et par ailleurs, c’est pour cela que je trouve la couverture très réussie. Elle présente aussi bien le beau travail de la dessinatrice qu’elle résume l’histoire, avec juste assez d’informations pour que l’on aille chercher le récit derrière.

 


Pour le résumé de l’histoire, je vous laisse faire trois clics et vous trouverez. Toutefois, j’ai aimé cette histoire pour son immersion : on est immédiatement happé par l’intimité de l’héroïne. On ressent pleinement ses émotions et on se laisse porter page après page par la compassion que l’on a pour elle.  Ce que j’apprécie également, c’est que Manon est nous, les lecteurs. Son quotidien se reflète aisément dans le nôtre, et pourtant, son histoire et totalement atypique. Charlotte Bousquet nous pousse dans des personnages très vrais, entre la banalité du quotidien très bien raconté et cette petite touche hors norme qui ferait de cette BD une superbe adaptation au cinéma. Évidemment, quand on referme le livre on se plaît à s’imaginer une suite avec ces personnages, mais d’un autre côté, tout est dit, aller plus loin serait aller à l’encontre de l’authenticité des protagonistes.

Enfin, pour ne rien gâcher, il y a aussi un beau travail par Marabulles sur l’objet : très bonne qualité de papier, belle impression très propre, et j’ai l’impression un véritable respect des couleurs. Je vous conseille donc vivement de l’avoir dans votre bédéthèque en attendant de voir ce que le cinéma pourrait en faire en termes d’adaptation.C'est véritablement plein de poésie dans l’écriture et le dessin et c’est fort en émotions sur les thématiques de la musique et de la confiance en soi.


lundi 24 septembre 2018

Detroit, encore te voila

On reconstruit bien les maisons après les ouragans est sorti. 

Pour ceux qui me suivent, c'est ce roman de littérature dite blanche/générale/adulte qui avait pour nom de code par ici Abandonné/s.

Je pourrais vous en parler longuement, je pourrais vous en tartiner 200 pages, mais le mieux est encore que ces 200 pages soient dans le livre que vous lirez, alors...


Le récit débute à Detroit, et ceux qui me lisent savent combien il y a un écho entre moi et cette ville. On y parle de reconstruction, mais pas de choses en béton, non : des personnes. Et tout ce que je peux ajouter est que toute l'histoire ne se déroule pas dans cette ville. Et donc, je vous laisse lire le quatrième de couverture parce que c'est plus simple et qu'en plus mon éditrice serait déçue que vous ignoriez son boulot.
Par ailleurs, j'en profite pour signaler le professionnalisme de cette dernière Florence Lottin, qui a fait un superbe travail sur mon texte, qui a été puiser le meilleur et j'espère que ça vous plaira....

En attendant la suite des publications (Chi escape book 2, Nola Forever) qui arrivent très bientôt, comme de nombreux projets littéraires sont chez des éditeurs et que la rentrée littéraire leur prend beaucoup de teps, j'ai décidé (sur les bons conseils de Charlotte) de me lancer dans l’écriture de l'un d'eux, sans attendre la validation de son synopsis. C'est un risque, mais comme j'ai peur de perdre la vibration de la corde sensible de l'histoire....

Accessoirement, je continue à travailler sur les projets de jeu en parallèle, (on pourra peut être se croiser à la convention Octogônes ?) et mon carnet de voyage Nola Forever sortira de chez l'imprimeur début octobre.

Je vous laisse avec un peu de musique inspirante


dimanche 16 septembre 2018

Les chemins de la perdition


Évanouies (Megan Miranda – ed. La Martinière)
Nic s’était pourtant promis de ne pas revenir dans sa ville d’enfance, là où se sont déroulés tous ces drames durant sont adolescence. Dix ans plus tôt sa meilleure amie y a disparu, et maintenant, pour des raisons familiales elle est obligée d’y retourner.
Ce thriller se met dans la catégorie des « retours au bercail », ces héros qui reviennent chez eux, que cela soit de manière physique ou psychologique. D’ailleurs, ce livre est un thriller mais il aurait très bien pu trouver sa place en Young Adult, comme quoi, les cases…





Megan Miranda nous embarque dans la tête de son héroïne Nicolette (j’imagine que ce type de prénom est exotique pour une Américaine) qui va retrouver ses copains d’enfance, de son premier amour à sa copine qui la déteste ou encore son frère toujours si peu agréable… Elle y retourne pour son père mais une fois sur place c’est une adolescente qui disparaît, exactement comme Corinne (nouveau prénom exotique ?) sa meilleure amie de l’époque, cette fille sans limite mi-ange et mi-démon. Alors tout à coup, tous ces souvenirs remontent à la surface et sa vie s’enfonce dans ce passé sombre et tragique.
Le roman est très bien rythmé, mais c’est surtout l’architecture de son écriture qui m’a plu. Partir du présent, et remonter les 15 derniers jours jusque de nouveau au présent en sachant ayant connaissance d’élément mais en dévoilant petit à petit l’histoire et ses personnages petit à petit. Une belle boucle narratrice, une construction osée et très bien réussie préservant le suspens. Un très bon ouvrage même si pour moi on peut faire abstraction du « Hitchcockien » attribué par le New York Times. On notera aussi au passage que le titre original est « All The Missing Girls », qui bien que très bien traduit par « Évanouies », perd une once de ses différents niveaux de lecture sur les filles disparues, ou encore les filles qui se perdent, rapport à cette adolescence rock’n roll. 

NB : J'ai oublié de parler de la couverture et de son très bon choix iconographique. Je trouve que cette image correspond tout à fait au roman, racontant tant de choses et en dissimulant tout autant : on a envie de passer devant le personnage féminin pour voir ce qu'il s'y passe. Et aussi nettement mieux que la version Poche du Seuil avec cette femme qui s'éloigne. 

lundi 27 août 2018

Un bon crochet de lecteur !


Le Roi du K.O. – Harry Crews (Folio Policier - traduit par Nicolas Richard)

Le titre et la couverture en disent déjà beaucoup sur ce roman. Des boxeurs comme colonne vertébrale du récit. On pourrait presque en rester là, mais ça serait laisser la place à un récit sportif et/ou dramatique, une histoire qui connoterait les plus connues : Rocky Balboa, Mohammed Ali, …



Non rien de tout cela. Ici, c’est un roman noir. Ce sont des gens du commun face au reste du monde. Cela commence par une fête orgiaque avec le personnage (Eugène) qui fait sont show au milieu d’une foule déguisée sur la thématique de la boxe. Son show, c’est boxer, c’est se boxer, c’est se mettre K.O.


C’est son truc à Eugène ! Fruit du hasard à cause d’un menton trop fuyant il sait se cueillir là où ça fait voir trente-six chandelles. Comme sa carrière de boxeur fut aussi fulgurante qu’un direct mettant K.O., il ne lui reste plus que cela pour gagner sa vie, là où son manager l’a planté : La Nouvelle Orléans. Et Eugène il vient d’un coin perdu de Georgie, d’une famille pouilleuse qui ne s’intéresse à rien d’autre que sa terre et ses animaux. Eugene pensait s’en sortir avec la boxe, mais pas de cette manière-là.  Tant pis, il fait avec, comme son meilleur ami qui diffuse des snuff movies dans un ciné de seconde zone de New Orleans. C’est ainsi que défile la vie d’Eugene, mais pas seulement puisqu’il vit dans un appartement payé par sa petite amie. Cette dernière étudie les gens, et trouve qu’Eugene est assez intéressant pour en faire un sujet de thèse. Pas seulement, car Eugene va aussi devoir côtoyer l’Huître, un type plein de fric plus mafieux qu’entrepreneur…


Le Roi du K.O. baigne bien dans son jus noirâtre, l’écriture de Harry Crews aidant. C’est cru, c’est brut c’est rude. C’est une miche de pain déchirée à la main avec toutes les miettes que ça laisse tomber, c’est un superbe morceau de viande tranché avec un couteau émoussé. Les personnages sont torturés et ne font pas parti des gagnants. Les personnages souffrent mais n’iront pas forcément affronter leur adversaire. Et tout cela déborde d’humanité avec ces défauts, sa rudesse, sa compassion, ses trahisons, ses amitiés et ses moments de faiblesse.
Le Roi du K.O. est un excellent livre si l’on aime les romans noirs en dehors des grands classiques parfois un peu trop propres.

nb : vu que l'auteur a été fauconnier, soldat, pilier de bars, forain, karatéka, professeur, ... je me demande ce que donne sa biographie...
 

mardi 21 août 2018

Le monde du livre


« Le changement, c’est maintenant ! », c’est comme ça que François Hollande se lançait en campagne mais le changement fut la continuité, post-Sarkozy et post-lui : E. Macron.
L’idolâtré des médias et de ses électeurs était vendu comme la solution à tous les problèmes : « ni de Droite, ni de Gauche ». Ce qui était vrai puisqu’issu du PS et de la déconstruction qu’ils avaient débuté en se collant une étiquette de Gauche alors que M. Valls flirtait avec les idées d’extrême droite faisaient du futur président Macron un « ni de Gauche ».

« Parce que c’est notre projeeeeet ! »
(Ce moment magique où le candidat n’avait toujours aucun programme
mais critiquait celui des autres)



Et ni de Droite non plus car il est passé par-delà l’establishment des valeurs traditionnelles en les piétinant avec sa veste de banquier médiatisé. E. Macron au pouvoir, c’est ni de Droite ni de Gauche, c’est simplement Ultralibéral avec tout ce qu’il y a de plus négatif dans ce terme. Et aujourd’hui, après s’en être pris à notre réseau ferroviaire et à la santé, le gouvernement de cette personne qui n’y connaît pas grand-chose a décidé qu’il fallait faire le prélèvement à la source. Une bonne idée théorique qui traîne depuis longtemps, mais néanmoins, sans tenir compte des cas particuliers, comme par exemple, les auteurs. Comme d’habitude il faut appliquer un principe sans réfléchir et au plus vite pour « réformer ».

Ainsi le feu des autrices et auteurs (au sens large, avec dessinateurs-trices, artistes, etc) s’est animé et on nous promet une remise à plat de notre statut. Nous remercions donc ces ministères qui s’intéressent enfin à une poignée de personnes qui font du bruit (après une promesse de la ministre de la Culture Nyssen au salon du livre de Montreuil puis un silence de plus de 6 mois.
Le problème, pour résumer, (sinon allez voir sur le site : www.auteursencolere.fr), c’est qu’on va nous prélever sur une année de décalage, or nos revenus dépendent de nos ventes de livres, donc de revenus non fixes. D’autant plus que nous ne sommes payés qu’une fois par an en droits d’auteurs, et non pas mensuellement comme cela pourrait intéresser les institutions de prélèvement à la source. Comme le précédent gouvernement nous avait imposé une retraite complémentaire obligatoire équivalent à environ un mois de salaire, autant dire tout de suite que ça va faire du tri chez les auteurs-trices : arrêt de métier, mise à la rue, mort… ?



Mais, le gouvernement étudie notre cas grâce à Snac Bd et à la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse qui nous représentent. Donc, en septembre nous saurons normalement sur quelles bases de décret culinaire on va se faire manger. Savoir si on payera toujours autant (compris les impôts de chômage que l’on paye mais dont on ne peut bénéficier), si on aura enfin un statut propre et des pourcentages décents (un minimum mis dans une loi en accord avec les éditeurs comme en Allemagne ?).

Et au milieu de cela, dans la mise à plat des dossiers, le ministère a découvert que directeur-trice de collection, ça touche des droits d’auteur. Oui, des droits d’auteurs alors qu’ils n’écrivent pas de livre. Des droits d’auteurs dont certains disent déjà qu’ils les volent aux auteurs alors qu’en fait ce sont les éditeurs qui divisent les pourcentages et qu’il est possible de prévoir cela indépendamment des droits des auteurs-trices. Ainsi, plusieurs questions se posent : est-ce que la création d’une collection est considérée comme œuvre ? Si oui, les directeurs-trices de collections devraient toucher en droits d’auteur, non ? Est-ce que ce métier est une valeur ajoutée et respectée comme telle : pourquoi ne pas mieux les payer comme les autres prestataires de la chaîne du livre ? Doit-on les considérer comme des prestataires de service, de simples freelance, et à ce moment-là, ne suffit-il pas de leur octroyer un pourcentage sur les ventes au lieu de la mention « droits d’auteurs » qui englobe la propriété intellectuelle d’une œuvre ?



Qu’elle qu’en soit l’issue, j’espère que nous pourrons les soutenir autant que ces directeurs-trices de collections nous ont soutenus dans nos revendications d’auteurs car diviser les métiers du livre c’est ruiner toute sa chaîne. Il y a des ventes en progression, il y a de l’argent et des créateurs et il me semble que nous devons simplement redéfinir les parts de ce gâteau plus équitablement au lieu de tuer des métiers au passage.

Nb : au passage, j’avais donné mon point de vue qui vaut ce qu’il vaut sur le fait que Macron président était une catastrophe et que Hamon se ferait planter par son parti pour ceux qui avaient foi en cette gauche là. Ne faudrait-il pas s’extirper du prisme médiatique et regarder les programmes plutôt que sous les spots pour choisir lors des prochaines élections ? 

#Payetonauteur #auteurencolère  #politique #auteur

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